Gauche / Droite

Es-tu de gauche ou de droite ?

J’ai encore au fond de la gorge la déclaration d’un certain président de la République qui, affirmant qu’il n’était ni de gauche ni de droite, mène une politique néolibérale qui ne fait que nous appauvrir tout en étant compatible avec les vociférations d’extrême droite. Pourtant, la question demeure : suis-je de gauche ou de droite ? suis-je, dans le fond, plutôt orienté altruisme ou égoïsme ? pour l’entraide ou pour la recherche du profit ?…

Et j’ai envie de dire : ça dépend. Ça dépend des jours et des circonstances. Et il en est de même pour nous tou.te.s. Comme le dit Rudger Bregman, si sur mon smartphone je donne une note à un restaurant ou un hôtel, j’aide mes concitoyen.ne.s à mieux choisir : c’est un acte communiste, donc de gauche ; et si je te vends mon vieux vélo pour m’en acheter un nouveau, je m’accommode des lois capitalistes, donc de droite. Et par conséquent, nous demander de choisir entre la gauche et la droite est, tout compte fait, un moyen de nous berner ; c’est nous diviser pour mieux régner.

Cornelius Castoriadis (1922-1997) nous propose de faire un autre choix, à mon sens, beaucoup plus pertinent : l’hétéronomie ou l’autonomie. Dans l’hétéronomie un groupe de gens importants se détache de la société pour se placer au-dessus et créer des lois auxquelles nous devons nous plier alors qu’en autonomie nous participons tou.te.s à la création des lois. Que le groupe des important.e.s soit élu par nous ou imposé d’autorité sans notre consentement est secondaire car, en définitive, dans les 2 cas nous devenons des objets insignifiants que ce groupe aura la charge de gérer.

Pour moi, il est évident qu’il faille aller vers l’autonomie même si c’est compliqué de la mettre en place. JLM, dans un de ses derniers discours, a parlé d’une société de prestataires de services que le néolibéralisme a engendré et qui a fait de nous des clients ne voyant autour de nous que des marchandises à consommer quand nous ne sommes pas nous-mêmes cette marchandise. Et il nous propose d’en sortir en (re-)devenant pleinement citoyen.ne.s. Or, être citoyen.ne, ça signifie exactement de prendre notre destin en main, aller vers l’autonomie de Castoriadis ou (ce qui revient au même) vers l’homo politicus de Hannah Arendt. Il s’agit de sortir de cette fichue 5e République qui donne les pleins pouvoirs à un berger qui peut à sa guise tondre les moutons qu’on a fait de nous. Obtenir le Référendum d’Initiative Citoyenne, c’est déjà un grand pas vers l’autonomie. Après, il faut aller plus loin. Mais l’urgence est là : réduire les pouvoirs de celles et ceux qui se placent au-dessus de nous et, par là-même, augmenter les nôtres.

Mon idéal de société va encore plus loin. Je l’expose dans des bouquins comme : Sortir de la Pensée Aristocratique, La Pensée Anarchisante ou encore dans une série de contes socio-philosophiques que j’ai intitulés Univers Parallèles.

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1 Commentaire

  1. Pas trop d’accord avec les exemples caricaturaux de “je donne une note, je suis communiste – je vends mon vieux vélo je suis capitaliste”.
    Etre de droite ou de gauche est un état d’esprit global et ne se mesure pas à une suite de petites actions du quotidien isolées.
    L’intéressant est seulement d’aller vers le plus de pouvoir possible au peuple.
    A voir l’excellente analyse de Geoffroy de Lagasnerie il y a quelques jours chez Blast
    https://www.youtube.com/watch?v=oeOIG2Ud80c

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