Loi AGEC, Passer à l’économie circulaire et sortir des emballages plastiques
TotalEnergies et le business sans fin du plastique
Le recyclage plastique est souvent présenté comme une solution écologique incontournable. Pourtant, derrière ce discours rassurant se cache une réalité beaucoup plus complexe : faibles taux de recyclage, généralisation de l’incinération, confusion entretenue autour du « recyclage énergétique », et maintien d’un modèle économique fondé sur la production massive de plastique vierge.
Au cœur de ce système, des acteurs majeurs de la pétrochimie comme TotalEnergies occupent désormais une place stratégique, non seulement dans la fabrication du plastique, mais aussi dans la gestion des déchets plastiques via l’incinération et le recyclage chimique par pyrolyse.
Sous couvert d’innovation et de transition écologique, ces nouvelles filières soutenues par des financements publics risquent surtout de prolonger la dépendance au plastique plutôt que d’en réduire la production. Pendant ce temps, et malgré une 1ére échéance en 2030 les objectifs de la loi AGEC — réduction, réemploi et véritable recyclage circulaire — peinent encore à être pleinement appliqués.
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Plusieurs raisons aujourd’hui de parler de la sortie du plastique à usage unique comme les bouteilles et flaconnage car plus personne n’ignore le désastre environnemental de cette pollution « plasticide » dans les océans.
D’une part,
- La Loi AGEC de 2020 et une Q ? pourquoi la pétrochimie maintient une production massive de plastique vierge sans en anticiper la sortie .
D’autre part,
- Plusieurs Rapports dénoncent les impacts et dangers des plastiques sur la santé humaine (https://documentation.insp.gouv.fr/insp/rapport-sur-les-impacts-des-plastiques-sur-la-sante-humaine) émission Sur le front Face cachée du recyclage plastiqueFrance TV de sept 2024
Cet exposé se limitera à la suppression de plastique jetable, comme les flaconnages et contenants dans notre vie quotidienne (hormis ceux à usage unique du secteur hospitalier).
Avant d’aborder la fin de cycle du déchet plastique, entrons dans l’objectif de la Loi AGEC : anti gaspillage pour une économie circulaire.
L’économie circulaire c’est Réduire le gaspillage de nos ressources naturelles, concevoir, fabriquer des objets « propres » en éliminant la notion de déchet en fin de vie (l’écoconception en boucle fermée).
Dans cette Loi AGEC deux dates limite importantes pour atteindre la fin de la mise sur le marché d’emballages en plastique à usage unique.
La 1ère 2030 l’objectif à atteindre est la réduction de 50% de toutes les bouteilles, flacons plastiques
Puis 2040 pour la fin de tous les emballages en plastique à usage unique
(10 ans pour se préparer)
Il est préoccupant de constater que cette loi n’est toujours pas pleinement appliquée : plusieurs mesures attendent encore leurs décrets d’application ou restent bloquées en commission parlementaire, alors même que les échéances approchent rapidement.
Plus inquiétant encore, certains lobbies du plastique cherchent à faire adopter des amendements afin d’affaiblir les objectifs de la loi, notamment celui prévu pour 2030 concernant la réduction de 50 % des flaconnages plastiques. Ces pressions ont pour but de prolonger toujours davantage l’usage du plastique à usage unique.
Nous pensions naïvement que la connaissance des différentes formes de pollutions plastique, allant des macroplastiques jusqu’aux nanoplastiques, aller inciter le consommateur à en réduire son utilisation et par ricochet faire progressivement diminuer la production.
Au contraire, la production n’a cessé de progresser puisque le sentiment du citoyen-consommateur, à qui on laisse croire que tous les plastiques qu’il met dans la poubelle jaune seront recyclés, ce qui le conduira à les consommer massivement sans état d’âme.
Ainsi nos poubelles débordent de plastiques qui en grande partie ne seront jamais recyclés mais seront incinérés produisant multiples pollutions, dioxines, furanes, métaux lourds et autres toxines et quand ils ne sont pas mis dans nos poubelles ils étouffent nos terres, nos océans et polluent notre planète entière.
En réalité, le recyclage du plastique est une fausse bonne solution, Seuls 9% du plastique mondial est recyclé, l’Europe plafonne à 30% et laFranceà 25,7%
À cette fausse bonne solution du recyclage plastique s’ajoutent plusieurs réalités préoccupantes.
D’une part, l’industrie pétrochimique reconnaît elle-même que produire du plastique vierge coûte aujourd’hui 2 à 3 fois moins cher que de développer un véritable recyclage circulaire.
D’autre part, il existe un conflit d’intérêt structurel au sein de Citeo (anciennement Éco-Emballages). Cet organisme, chargé de collecter la contribution versée par les producteurs d’emballages au nom du principe «pollueur-payeur », répercute en réalité cette taxe sur le consommateur final à travers le prix des produits.
En 2025, Citeo a collecté près de 1,6 milliard d’euros afin de réduire l’impact environnemental des déchets d’emballages (plastique, papier, métaux…). Pourtant, au-delà de la simple gestion du tri, la loi AGEC lui confie des missions bien plus ambitieuses : financer et organiser la réduction des emballages, le réemploi, le recyclage circulaire, mais aussi encourager l’éco-conception afin de renforcer la responsabilité des industriels producteurs.
Nous touchons ici au véritable conflit d’intérêt qui entoure le financement et la gouvernance de Citéo.
Officiellement, ce sont les industriels qui versent une éco-contribution à Citeo pour chaque emballage mis sur le marché. Mais, dans les faits, cette contribution est répercutée sur le prix final payé par le consommateur. Le citoyen finance également la collecte des déchets via la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Au final, il paie deux fois tout en subissant les conséquences environnementales des choix industriels. Le principe du « pollueur-payeur » dérive ainsi vers celui du « consommateur-pollueur-payeur ».
Malgré cela, seuls les industriels siègent au conseil d’administration de Citéo et décident des orientations mises en œuvre dans le cadre de la loi AGEC. Parmi eux figurent notamment L’Oréal, Danone, Nestlé, Coca-Cola ou encore les grandes enseignes de distribution comme Carrefour et Leclerc.
Ce fonctionnement verrouille le système de l’intérieur et permet de préserver un modèle économique fortement dépendant du plastique.
La loi AGEC aurait pourtant pu imposer une gouvernance plus indépendante, associant par exemple l’ADEME, des représentants des consommateurs et des associations environnementales comme Zero Waste France.
À cela s’ajoute l’influence de TotalEnergies, principal fournisseur de matière première plastique, dont les intérêts convergent avec ceux des industriels pour ralentir l’application effective des objectifs prévus dès 2030 par la loi AGEC.
Que constate-t-on réellement aujourd’hui concernant le recyclage et l’incinération de nos déchets ménagers ?
Au vu des résultats très faibles du recyclage plastique, il apparaît clairement que les industriels privilégient le maintien de leur modèle économique plutôt qu’une véritable transition vers l’économie circulaire. Les investissements nécessaires restent insuffisants dans des solutions pourtant essentielles :
- la réduction des emballages à la source ;
- le développement de la vente en vrac ;
- le retour de la consigne des bouteilles en verre ;
- son extension aux flacons ménagers et produits d’hygiène ;
- le développement du réemploi ;
- la standardisation des contenants pour faciliter leur réutilisation ;
- ou encore le soutien aux unités de lavage pour les emballages consignés.
L’objectif de ses industriels semble être de conserver le contrôle de toute la chaîne : de la production du plastique jusqu’au traitement final des déchets, tout en discréditant les solutions fondées sur l’économie circulaire.
À l’inverse, ils privilégient des marchés beaucoup plus rentables comme l’incinération, et demain peut-être le recyclage chimique actuellement expérimenté par TotalEnergies. Tout cela permet surtout de repousser les mesures qui imposeraient une véritable réduction de la production plastique d’ici 2040.
Le système est particulièrement lucratif : les collectivités paient les grands groupes pour incinérer leurs déchets, tandis que des entreprises comme Veolia, Suez ou Coved récupèrent également des revenus grâce à la revente d’électricité issue de l’incinération et aux aides liées à la prétendue «valorisation énergétique ». TotalEnergies, de son côté, produit le plastique vierge tout en se positionnant aussi dans le traitement des déchets plastiques avec la COVED.
Le modèle paraît alors circulaire… mais au profit des industriels.
- plus de plastiques produits signifie plus de déchets à incinérer ; plus d’incinération justifie ensuite davantage de production plastique.
Leur devise : Produire, vendre, brûler, puis reproduire.
La pétrochimie n’a aujourd’hui aucun intérêt économique à réduire la production de plastique vierge, devenue une source de profits majeurs alors que la demande en carburants ralentit. C’est pourquoi ces groupes exercent une forte influence pour freiner l’application complète de la loi AGEC.
Il ne faut pas oublier que le plastique est polluant dès son origine.
Fabriqué à partir du pétrole et du gaz, il résulte d’un long processus pétrochimique : raffinage du pétrole, extraction de molécules de base comme l’éthylène ou le propylène, puis polymérisation permettant de créer différents types de plastiques auxquels sont ajoutés de nombreux additifs chimiques, souvent protégés par le secret industriel.
Enfin, la durée de vie du plastique dans l’environnement est estimée entre 450 ans et plusieurs siècles, voire davantage selon les matériaux.

En France, ce sont près de 5,5 millions de tonnes de plastique qui sont mises sur le marché chaque année.
La France est ainsi le troisième plus grand consommateur de plastique en Europe, représentant à elle seule environ 10 % des plastiques consommés sur le continent, derrière l’Allemagne (24,9 %) et l’Italie (14,3 %).
Pourtant, son taux de recyclage reste inférieur à la moyenne européenne avec seulement 25,7 % de plastiques recyclés.
Cela signifie concrètement qu’environ trois emballages plastiques sur quatre ne sont pas réellement recyclés.
Alors, que deviennent réellement nos déchets plastiques après utilisation ?
| Catégorie en France | Quantité tonnes/an | pourcentage | source |
| Plastique mis sur le marché | 5,5 millions | 100 % | ADEME 2023 |
| Plastique collecté | 3,5 millions | 64% | Citéo 2023 |
| Plastique recyclé | 1.2 million | 22% | ADEME 2023 |
| Plastique incinéré | 2 millions | 36% | ADEME 2023 |
| Plastique mis en décharge | 0,3 million | 5% | ADEME 2023 |
| Plastique non collecté fuite dans la nature | 0,5 à 0,7 million, | 10 à 13% | Zéro Waste France 2024 |
Ces chiffres concernant les fuites de plastique dans l’environnement seraient probablement sous-estimés pour plusieurs raisons :
- Les microplastiques inférieurs à 5 mm restent largement invisibles et difficiles à quantifier ;
- La France exporte environ 10 % de ses déchets plastiques, dont une partie finit également dans la nature ;
- Le brûlage illégal à ciel ouvert dans certaines décharges sauvages n’est généralement pas comptabilisé.
À cela s’ajoute une pollution massive des milieux aquatiques :
- entre 12 000 et 20 000 tonnes de plastique finiraient chaque année dans les cours d’eau français selon le CNRS (2022) ;
- la fondation Surfrider Europe estime quant à elle à environ 80 000 tonnes par an la part des déchets plastiques français retrouvés dans les océans.
Parmi nos 64 % de plastiques collectés en France, pourquoi seulement 22 % sont-ils réellement recyclés tandis que 36 % sont incinérés ?
La première raison avancée par le secteur de la pétrochimie est économique : recycler le plastique coûterait 2 à 3 fois plus cher que produire du plastique vierge.
À l’origine rien à voir avec l’incinération, le recyclage du plastique désignait un procédé précis : donner une nouvelle vie à un déchet plastique sans modifier sa structure chimique.
Cette approche reposait sur deux principes essentiels :
- la réintroduction de la matière par le tri, le lavage, le broyage puis la transformation en nouveaux produits ;
- la conservation du polymère d’origine, permettant de fabriquer de nouveaux objets de qualité comparable à ceux issus de matière vierge.
Contrairement à l’incinération, le plastique n’est donc pas détruit mais réutilisé dans une logique d’économie circulaire.
Or, depuis plusieurs années, une confusion est entretenue autour du terme même de « recyclage ».
Politiques et industriels utilisent un vocabulaire qui mélange recyclage circulaire matière et valorisation énergétique, brouillant ainsi la perception des citoyens.
Cette ambiguïté apparaît jusque dans certains textes européens. Le Parlement européen inclut en effet dans le « recyclage énergétique » l’incinération des déchets plastiques afin de produire de la chaleur, de l’électricité ou des combustibles. Le plastique y est alors considéré avant tout comme une source d’énergie.
Ainsi, certains pays européens affichent des taux de « recyclage » proches de 50%, alors qu’une part importante correspond en réalité à du recyclage thermique par incinération dans des usines d’ordures ménagères ou des centrales énergétiques. Ces chiffres donnent une image trompeuse des progrès réels de l’économie circulaire.
Pourtant, la directive-cadre européenne 2008/98 rappelle clairement la hiérarchie du traitement des déchets : la priorité doit aller à la prévention, au réemploi et au recyclage matière avant toute valorisation énergétique ou élimination.

1 – Prévention : Éviter la production de déchets autant que possible.
2 – Réutilisation : Donner une seconde vie aux objets sans modification majeure.
3 – Recyclage : Transformer les déchets en nouveaux produits de même structure.
4 & 5 : l’incinération à récupération de chaleur et l’élimination en décharge spéciale
Quand on sait que l’Europe gère sa dépendance aux plastiques grâce aux incinérateurs. Ce n’est pas très sérieux..
Même si les incinérateurs d’ordures ménagères permettent de récupérer de l’énergie, un paradoxe demeure : selon l’ADEME, entre 50 et 60 % des déchets aujourd’hui incinérés pourraient en réalité être orientés vers le recyclage ou le réemploi.
Autrement dit, plus les déchets sont mal triés et plus les incinérateurs sont alimentés, ce qui entre directement en contradiction avec les objectifs de la loi AGEC.
Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’une grande partie des plastiques est difficilement recyclable en économie circulaire qu’il faut nécessairement les incinérer.
La solution la plus cohérente reste encore de ne pas les produire.
Les impacts sanitaires et environnementaux de l’incinération sont pourtant connus depuis longtemps, notamment pour les populations vivant à proximité des incinérateurs d’ordures ménagères dans lesquels sont parfois ajoutés certains déchets industriels et les DASRI.
L’incinération donne souvent une illusion de disparition des déchets parce qu’elle réduit leur volume. Mais en réalité, elle concentre les pollutions dans ses résidus : mâchefers, REFIOM (résidus d’épuration des fumées), dioxines, furanes, métaux lourds et autres substances toxiques issues des recombinaisons chimiques provoquées par la combustion.
Comme le rappelait Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Le déchet ne disparaît donc pas ; il change simplement de forme au cours des réactions chimiques.
Depuis plus de vingt ans, les connaissances scientifiques ont également mis en évidence les « effets cocktail », c’est-à-dire l’amplification des effets toxiques provoqués par l’exposition simultanée à plusieurs substances chimiques, tant sur la santé humaine que sur les écosystèmes.
Incinération : transformer les déchets en profits
Un incinérateur d’ordures ménagères fonctionne en réalité comme un immense réacteur chimique dans lequel sont brûlés chaque jour des déchets très différents, composés de molécules multiples et instables.
Cette combustion produit des réactions chimiques complexes et difficilement maîtrisables. Une partie de ces polluants se retrouve ensuite dans les particules fines rejetées par les cheminées avant de se disperser dans l’air.
Si les plastiques restent massivement présents dans nos poubelles, ce n’est pas un hasard. Leur fort pouvoir calorifique, proche de celui du pétrole, en fait une source d’énergie particulièrement rentable pour les industriels du déchet.
Le paradoxe est d’autant plus grand que les mêmes groupes industriels interviennent aujourd’hui à tous les niveaux de la chaîne :
- l’extraction et le raffinage du pétrole ;
- la pétrochimie et la production de plastique vierge ;
- puis la gestion des déchets plastiques en fin de vie, via l’incinération ou bientôt le recyclage chimique.
Des associations comme Zero Waste France dénoncent ainsi un système profondément marqué par les conflits d’intérêts.
Le faible développement du recyclage circulaire ne s’explique donc pas uniquement par la complexité des plastiques. Il résulte surtout d’un modèle économique fondé sur la production continue de déchets et sur leur traitement, plutôt que sur la réduction de leur production à la source.
Pourtant, le principe de précaution inscrit dans notre Constitution devrait conduire à agir sur la cause du problème. Concernant le plastique, cela implique avant tout de réduire massivement sa production plutôt que de chercher en permanence comment gérer ses conséquences.
Ce qui suit est inouï et particulièrement révélateur.
Dès à présent le recyclage chimique des plastiques bénéficie d’importants soutiens publics à travers différents dispositifs d’Etat : ADEME, France Relance, France 2030 ou encore aides financières à hauteur de 500 millions d’euros de l’État français validées par la Commission européenne en 2025.
Cependant, les montants exacts attribués aux projets portés par TotalEnergies restent difficiles d’accès pour le public.
Ces financements visent directement les projets industriels de pyrolyse et de recyclage chimique. Il suffisait donc d’ouvrir la voie pour voir apparaître le projet de Grandpuits porté par TotalEnergies.
Présenté comme une unité de recyclage chimique des plastiques par pyrolyse, ce projet est développé en partenariat avec Plastic Energy, Citéo et Paprec.
Nous sommes ainsi face à un système où des soutiens publics indirects profitent à un géant de la pétrochimie souhaitant maintenir son modèle de production plastique.
La présence de Citéo dans ce partenariat interroge fortement.
Financé par les contributions obligatoires sur les emballages — contributions finalement répercutées sur les consommateurs — Citéo se retrouve associé à TotalEnergies afin de « sécuriser son approvisionnement à long terme en déchets plastiques » pour l’unité de Grandpuits Seine Maritine.
Le paradoxe est saisissant et c’est loin d’être une blague ! : En place d’organiser la réduction des emballages plastiques, on sécurise l’alimentation en déchets plastique des fours d’une industrie qui deviendrait dépendante des déchets plastiques pour continuer à fonctionner. Ahurissant !
Cette technologie de pyrolyse apparaît comme une véritable « usine à gaz » : énergivore, fortement consommatrice d’énergies fossiles et de solvants chimiques, sans parler de l’acheminement de ces déchets sur le site, tout en représentant un coût considérable pour la collectivité.
Puisque parallèlement, la France a déjà validé un régime d’aides publiques de 500 millions d’eurosdestiné à la transformation chimique des déchets plastiques, approuvé par la Commission européenne en 2025, plutôt que d’imposer un standard des plastiques aux fins d’un recyclage en économie circulaire
Concernant la multiplicité des plastiques, on peut légitimement s’interroger sur le modèle industriel développé depuis des décennies.
La diversité toujours plus grande des résines, polymères et additifs chimiques rend le recyclage circulaire de plus en plus complexe, coûteux et individualisé. Chaque type de plastique nécessite des procédés spécifiques de tri et de traitement, rendant pratiquement impossible un recyclage efficace et mutualisé sur un même site.
Cette complexité croissante favorise alors des solutions de facilité comme l’incinération, présentée comme plus simple et plus rentable pour absorber des flux de déchets hétérogènes.
Au lieu de limiter cette multiplication des plastiques et d’investir massivement dans des solutions fondées sur l’économie circulaire, les industriels orientent désormais leurs stratégies vers le développement de méga-incinérateurs, comme le projet de BAYET dans l’Allier, ainsi que vers l’essor du recyclage chimique des plastiques.
Plutôt que de réduire la production à la source et standardiser les matériaux pour faciliter leur réemploi et leur recyclage, le système actuel semble organiser la gestion permanente du déchet afin de préserver un modèle économique centré sur la production continue de plastique.
Ce qui apparaît sans être clairement divulgué, C’est que de son côté, TotalEnergies Petrochemicals cherche avant tout à préserver ses débouchés et sa production de plastique vierge.
Plutôt que d’accompagner pleinement les objectifs fondateurs de la loi AGEC — réduction, réemploi, éco-conception et recyclage circulaire — le groupe mise sur le développement du recyclage chimique au sein de son ancienne raffinerie de Grandpuits en Seine Maritime.
Nous sommes ici bien loin de l’esprit initial de la loi AGEC.
Aperçu des 7 principaux codes de recyclage des plastiques
| Code | Nom | Abréviation | Usages fréquents | tauxRecyclage |
| ♳ | Polyéthylène téréphtalate | PET | bouteilles d’eau transparentes, sodas | assez bon |
| ♴ | Polyéthylène haute densité | PEHD / HDPE | bidons, lessive, lait | Assez bon |
| ♵ | Polychlorure de vinyle | PVC | tuyaux, fenêtres, certains emballages | Très faible, difficile |
| ♶ | Polyéthylène basse densité | PEBD / LDPE | sacs, films plastiques | Très limité |
| ♷ | Polypropylène | PP | pots, bouchons, barquettes | variable |
| ♸ | Polystyrène | PS | gobelets, barquettes, mousse | Très mauvais |
| ♹ | Autres plastiques | OTHER | multicouches, mélanges | très difficile quasi nul |
L’art de brouiller les cartes apparaît jusque dans certains symboles apposés sur les emballages plastiques.
Le plastique portant le symbole « 05 PP » (polypropylène) est officiellement présenté comme un matériau réutilisable. Pourtant, dans la réalité, ces emballages ne sont presque jamais réemployés.
C’est notamment le cas des barquettes utilisées pour la livraison quotidienne de repas à domicile ou par certaines cuisines artisanales locales Ce qui est le cas à Vichy avec « la cuisine artisanale ».
Souvent de couleur noire, elles sont directement jetées dans les sacs jaunes après usage, sans aucune récupération organisée pour le réemploi.
Or ces plastiques noirs posent un problème supplémentaire : ils sont très difficilement détectables par les systèmes de tri optique des centres de recyclage.
Résultat, une grande partie finit directement à l’incinération malgré leur prétendue « recyclabilité ».
Cette situation illustre les limites d’un système qui entretient la confusion entre emballages théoriquement réutilisables et véritable économie circulaire.
Pour sortir durablement du plastique et des pollutions qu’il engendre, il ne suffit pas d’une simple transition écologique. C’est un véritable changement systémique qui est nécessaire, en s’attaquant aux causes du problème plutôt qu’à ses seuls symptômes, et en appliquant des sanctions réellement dissuasives contre les manquements à la réglementation.
Dès maintenant, tous les emballages devraient être conçus selon des standards compatibles avec les exigences de l’économie circulaire : réemploi, recyclabilité réelle, limitation des matériaux complexes et réduction à la source.
Dans le contexte actuel de production massive et continue de plastique, il paraît difficile d’imaginer que la France atteigne l’objectif fixé par la loi AGEC de réduire de 50 % les bouteilles plastiques boisson et flaconnage produits ménagers ou d’hygiène d’ici 2030 sans une application rigoureuse et contraignante de cette loi, qui devra aussi infliger des pénalités financières et des sanctions fortement dissuasives en cas de manquement aux obligations de ce texte de Loi AGEC pouvant aller jusqu’à la suspension de commercialisation.
Mais sa mise en œuvre dépendra surtout de la capacité de l’État à résister aux pressions des lobbys de la pétrochimie, permettez moi d’en douter, alors même que TotalEnergies se positionne désormais comme un acteur central du recyclage chimique et de la pyrolyse des plastiques.
Toute nouvelle conception industrielle devrait désormais intégrer pleinement les principes du zéro déchet et du zéro gaspillage.
Site consultés : Zérowaste France, ADEME, Citéo, OCDE, Union européenne,écologie.gouv, totalenergie.com, IA Mistral, ChatGPT
Cet article nous a été envoyé en format texte par Muriel Bailey ( @muriel-claire )
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