Le XXe siècle était marxiste, le XXIe siècle sera anarchiste.
Au niveau mondial comme au niveau national, des révoltes d’un nouveau genre se multiplient, plus horizontales, moins structurées, et cela, avec l’absence criante d’un parti pour les guider.
En effet, de nos jours, un vent nouveau semble souffler dans le monde, et plus précisément en France, dont La France Insoumise et tout le mouvement qui la suit, sont un des plus grands symptômes.
Une petite mise en contexte est alors à opérer :
Après les années 90 et la chute de l’Union Soviétique, ce n’est pas simplement un pays qui c’est effondré, mais tout un système et un contre modèle. Là où, auparavant, les partis structuraient la vie politique et où ils semblaient organiser le mouvement social, partout dans le monde, mais surtout en Europe, aujourd’hui, c’est l’inverse. L’URSS est considérée, à raison, comme un échec, mais avec elle, tout parti organisé, et c’est particulièrement flagrant si l’on prend le cas du PCF en France, qui n’est plus que résiduel de nos jours, quand il était un des principaux acteurs politiques au moins jusque dans les années 70.
Également, il y a un autre facteur à prendre en compte, c’est celui des révolutions bolivariennes en Amérique, notamment du Sud. Florissante au début des années 2000 et comme un espoir, elle semblaient prendre le relais du combat de gauche radicale mondiale, tout en n’étant pas affiliée au Stalinisme. Le problème demeurait que ces révolutions demandaient une révolution internationale pour suivre, et ça n’a pas eu lieu. Mais aujourd’hui, où la quasi totalité de ces révolutions ont finalement échoué, (le Venezuela, qui est dans l’impasse aujourd’hui, par exemple),la jeune génération semble se tourner vers l’extrême droite, mais aussi et surtout, la solution apartidaire de révolution par le peuple.C’est de l’anarchisme en réalité.
On pourrait également évoquer le fait que la donne a changé, et que, contrairement au XXe siècle, le XXIe a une démocratie bourgeoise multipartite bien plus répandue dans le monde, ce qui permet à plus de nuances de s’exprimer. C’est le cas de la France qui a vu grandir LFI, Les Écologistes, Reconquête! ou même LREM.
Mais ce constat est en train d’être encore un handicap pour l’appareil bourgeois, car observe donc une chute spectaculaire du bipartisme, l’exemple le plus recent est celui du Royaume-Uni. Non seulement l’émergence de partis d’alternative comme LFI ou bien l’AFD en Allemagne, mais aussi la déception de ceux-ci. L’exemple le plus cruel est celui de SYRIZA en Grèce, qui a tout simplement trahi, mais aussi LREM en France. Cela favorise encore une fois la solution révolutionnaire, notamment chez la jeunesse, mais pas exclusivement, qui ne veut pas reproduire l’erreur du stalinisme, mais qui est consciente du caractère suicidaire du capitalisme.
Par ailleurs , de plus en plus de révoltes/révolutions arborent le drapeau ONE PIECE , symbole de refus à la soumission et de l’oppression. Il y a un profond désir de laisser place à la spontanéité, de recentrer la révolution sur le peuple et son mouvement, et moins sur l’objectif commun. C’est un choix et un sentiment qui se retrouvent dans un nombre croissant de mouvements et c’est ce qui peut explique leur échec récurrent. Prenons le cas de la révolution népalaise de 2025, qui a tout simplement échoué, non car la révolution a été réprimée et n’a pas pu faire bouger le gouvernement et l’État, non car ils ont bien, et très rapidement, obtenus la démission du premier ministre et qu’ils auraient pu être en situation de prendre le pouvoir. Le nœud du problème semble s’expliquer dans le fait qu’il n’y avait pas d’objectif commun clair, de projet de société, et que, d’extérieur, cela s’est plutôt apparenté à du dégagisme. Là où le parti a l’avantage de garder une ligne directrice commune, mais qui n’est pas non plus une solution miracle. Résultat, de nouvelles élections ont eu lieu, et a été porté au pouvoir un nouveau premier ministre, rapeur, populaire, certes, mais en peu de choses différend, en cela qu’il est un pur libéral, social libéral centriste.
En outre, ce changement mondial de paradigme a également eu lieu dans les pays qui sont dirigés par des partis de rupture, ce qui démontre la nécessité révolutionnaire chez la Gen Z. L’exemple le plus parlant est le Mexique. Pays dirigé depuis 2018 par Morena, un parti assimilable à LFI en France, la présidente de la République a toujours entre 70% et 85% d’approbation au niveau national, ce qui tranche avec Macron qui tutoie les 20% à 15% . Malgré cette forte popularité et l’amélioration générale réelle des conditions de vie, des mouvements de jeunesse ont battu le pavé fin 2025 contre les violences policières, la corruption et la criminalité. Il y a un réel désir de changement rapide et radical, ce à quoi le socialisme démocratique ne peut pas répondre dans le timing.
En dernier lieu, recentrons-nous sur la France, et LFI. En effet, LFI est un pur symptôme de ce mouvement mondial “silencieux”. Choisir d’être un mouvement et non pas un parti est même une innovation en France, et c’est ce qui fait toute l’intelligence de La France Insoumise qui a bien préssenti la marche du monde. L’exemple de ce changement, en confirmation de la théorie émise par Jean-Luc Mélenchon ” l’ère du peuple”, est le mouvement des Gilets jaunes. En effet, avec l’effondrement des syndicats et leur déconnexion avec la base , le mouvement des Gilets Jaunes pouvait alors prendre toute sa place. Bien qu’apolitique, ce mouvement n’était pas hors de la politique et, avec ce fort potentiel révolutionnaire, LFI a manqué une occasion d’aider ce mouvement, non comme une avant-garde marxiste, mais comme une arme souple dans l’appareil bourgeois. Malheureusement, ce mouvement n’a pas pu aboutir, et La France Insoumise semble en avoir tiré toute les conclusions.
En définitive, la forme flexible de la FI apparaît très propice et adaptée à la jeunesse française, radicale et profondément révolutionnaire. C’est pourquoi, il apparaît évident que, le lendemain de l’arrivée au pouvoir de LFI, la jeunesse restera exigeante, et, le peuple en général, demandera des comptes. Si Mélenchon réussi, le peuple sera avec lui pour le pousser au maximum ; s’il déçoit, la révolution n’en sera que plus probable, mais, cette fois-ci, avec un caractère nouveau et rafraîchissant : la possibilité bien réelle, de voir émerger une société anarchiste en France…..
NOTA : Regard Citoyen a publié cet article qui émane de la pensée de Paul Hallard. Ce n’est pas une analyse dans laquelle se reconnaît l’administration de ce site mais la discussion est ouverte…
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“LFI a manqué une occasion d’aider ce mouvement” (les Gilets Jaunes)
Non, LFI n’a rien manqué du tout. C’est exactement le contraire ! ce sont les GJ qui ont absolument refusé d’être épaulé par LFI parce qu’ils ne voulaient pas qu’on les associe à un courant politique, ils ne voulaient pas qu’on leur colle une étiquette.
Certains parmi eux étaient proches de LFI, d’autres proches d’autres partis y compris d’extrême droite.
Ce mouvement des GJ a cru pouvoir rassembler des personnes aux idées politiques aussi différentes or ce n’est pas possible et l’anarchie, ce n’est pas ça.
LFI avait dans son programme la plupart des revendications des GJ, LFI a soutenu les GJ depuis le début, avant même que leur première manifestation ait lieu.
https://www.youtube.com/watch?v=hSYdNNARbyY
et les a soutenu jusqu’au bout…
Les “fachos” ont vite déserté le mouvement, les GJ auraient dû, eux, se rapprocher du seul mouvement politique en adéquation avec leurs revendications. Ce n’était pas à la FI “d’aider” les GJ, ce n’aurait été une option possible que si les GJ avaient demandé cette aide.