Pourquoi j’ai décidé de démissionner de la LDH ?

La LDH ne méritait pas ça !

J’ai rejoint immédiatement et avec enthousiasme la LDH en même temps que des milliers de ligueurs et
ligueuses, lorsqu’elle fut l’objet d’attaques fascisantes de la part de ministres du gouvernement d’un
président fascisateur. Ces gens, pour moi, avaient franchi une ligne rouge en attaquant la LDH. Ce
mouvement d’adhésions massif avait permis de relancer des sections dormantes dont celle du Trégor
Goëlo à laquelle je suis rattaché.

Aujourd’hui, cet enthousiasme a considérablement fondu au point que j’ai décidé de démissionner. Deux
éléments ont déclenché cette décision : le communiqué du 27 février et l’interview donnée ce même jour
par le vice-président à BFMTV. Par ces actes, dont on apprit plus tard qu’ils avaient été conçus dans la
précipitation, la LDH s’attelait à la meute anti LFI/Mélenchon, diverse et variée, mais réactionnaire. Ce
fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. En effet, j’avais via des textes critiques adressés à la présidente
et à la responsable du GT « discriminations, racisme, antisémitisme » manifesté des divergences à la
parution dans D&L de l’article « penser l’antisémitisme ». Divergences aussi sur la non caractérisation de
la période en « processus de fascisation » ou encore sur la minimisation de la responsabilité du PR et de
l’extrême centre dans ce processus de fascisation (communiqué du 15 janvier), etc….

Je reprends la phrase prononcée par Jean-Luc Mélenchon, objet d’un tel déferlement de haine
instrumentalisé : « Je voulais dire ‘’Epstine’’ pardon, ça fait plus russe ‘’Epstine’’. Alors maintenant,
vous direz Epstine au lieu d’Epstein, Franckenstine au lieu de Frankenstein. Eh bien voilà, tout le monde
comprend comment il faut faire ».
Rappel du contexte : Le contexte médiatique précédant la phrase prononcée par Mélenchon à Lyon (26
février ) est marqué par la publication massive de documents « Epstein » aux États-Unis fin janvier 2026,
relançant les débats sur les implications françaises. Cela a entraîné des enquêtes judiciaires, des
démissions et des propositions parlementaires (demande d’ouverture d’une commission d’enquête par LFI) en France dès février.

Dans son discours de Lyon, Mélenchon ne rattachait pas Epstein aux Juifs, il s’en prenait à la façon dont
les médias français présentaient le scandale, en cherchant à le détourner vers la Russie, voire à en faire
une histoire « d’agent de Poutine », comme le montre la somme d’articles répertoriés en annexe.
La vérité, c’est que Mélenchon, en disant « ça fait plus russe », s’attaquait aux médias français, pas aux
Juifs, et ironisait surtout sur la manière dont la presse détourne une affaire de pédocriminalité financière
et médiatique vers une histoire de « connexion russe », voire d’« agent de Poutine ».

Nous avons été nombreux à être interpellés par la prononciation de Epstein en « Epstine », tellement
habitués à une prononciation soit yiddish (litvak) en « shtejn », ou en « shtajn » pour le yiddish polonais.
J’ai trouvé la prononciation« stine » ou « steen » un peu… disons, singulière quand on sait qu’en anglais,
la prononciation de « ei » est diphtonguée en « eye ».
JLM a simplement voulu brocarder le snobisme et l’américanisme de nos journalistes français. Moquerie
de la prononciation américaine ridicule. Je crois savoir que le grand pianiste Arthur Rubinstein polonais
naturalisé américain, insistait pour que son nom soit prononcé « Rubin-shtajn ».

Mélenchon visait surtout la «mise en scène médiatique » et la satire des conventions de prononciation,
non une désignation des Juifs comme groupe caché ou comploteur.
« Quand Le Monde parle du “volet russe” de l’affaire Epstein, quand Le Figaro met en avant une “piste
de Moscou”, quand TF1 Info construit son enquête autour de l’idée que “la propagande russe a saisi
l’affaire Epstein pour viser la France”, on voit nettement la mécanique médiatique à l’œuvre : déplacer
une histoire de pédocriminalité et de protection de l’élite vers une fable politique de type “coup de la
Russie” .
« Dans cette ambiance, la phrase de Mélenchon – “Epstine, ça fait plus russe” – prend tout son sens, car
elle se moque précisément de ce glissement : au lieu de se demander qui a été protégé, la presse se demande surtout si ce criminel n’était pas un agent de renseignement ou un facilitateur de l’influence de Poutine ».

« On comprend alors que la vraie cible de JLM, ce ne sont pas les Juifs, mais la façon dont des médias
comme « France Soir » (dans un faux site), « Libération » (dans une fake Une) ou TF1 Info, Euronews,
etc., ont fait d’Epstein, à travers la piste russe, le véhicule de la diversion.

Le texte « Antisémitisme, retour sur une séquence » attribue à la phrase incriminée une charge idéologique très lourde sans établir clairement que cette charge était effectivement portée par JLM.
Le même texte se réfère beaucoup à l’histoire de l’antisémitisme, mais il l’utilise [cette histoire] comme
une « machine d’association » : nom, masque, dissimulation, banque, médias, puis Epstein. Cette
méthode joue sur un effet d’accumulation qui n’est pas une preuve, et à aboutit à la surinterprétation d’une phrase à partir de catégories historiques très générales. De plus, le texte reconnaît lui-même que la phrase n’est « pas immédiatement lisible pour toutes et tous », ce qui affaiblit l’idée d’une évidence antisémite.

Ce texte interne ne cherche pas à comprendre. En excluant tout contexte il cherche surtout à condamner.
Il construit un procès symbolique à partir d’une interrogation sur la prononciation, puis l’adosse à
l’histoire pour fabriquer une culpabilité par contamination.
C’est une méthode dangereuse et ô combien honteuse et déshonorante venant de la part de la Ligue des
Droits de l’homme, parce qu’elle remplace l’analyse politique par l’amalgame et contribue à
banaliser l’accusation d’antisémitisme.

Rien dans les propos de J-L Mélenchon ne relève d’une mise en cause des personnes de confession juive,
ni d’une reprise de stéréotypes antisémites, explicites ou implicites. Il est grave, politiquement comme
moralement, d’assimiler des analyses ou des critiques d’individus puissants quels qu’ils soient, à
la résurgence d’un imaginaire antisémite.
Une telle confusion contribue à diluer la lutte contre le
véritable antisémitisme qui progresse dans la société, notamment du fait de la part belle faite à l’entreprise de respectabilisation du FN/RN par un personnel politique qui prétend lutter contre l’antisémitisme et n’hésite pas à instrumentaliser cet antisémitisme pour servir leurs fins politiciennes.

Je rappelle que LFI propose un projet de société et d’émancipation sociale résolument inclusif, écologiste
et antiraciste dans lequel ni la haine des juifs, ni celle des musulmans ou des arabes n’a de place. Jean-Luc Mélenchon en est l’un des inspirateurs. Les exemples par lesquels JLM dénonce l’antisémitisme
sont innombrables, il n’hésite pas à remonter loin dans l’histoire pour dénoncer les persécutions dont
furent victimes les juifs… notamment en déconstruisant la fable de la « civilisation judéo-chrétienne ».
Pétain, Maurras, Bardèche sont ses ennemis mortels, comme ils le sont pour LFI et l’immensité de ses
militants et cadres.

Pour JLM, la dénonciation de l’antisémitisme n’est pas prononcée à la manière de slogans comme ont
l’habitude de le faire nombre de politiciens y compris de gauche, il va plus loin, il est didactique comme
lors de cette séquence télévisée où un journaliste lui demande stupidement : « a-t-on le droit à
l’islamophobie ? et lui de répondre : «non monsieur ! et a-t-on le droit à la judéophobe ? Non la phobie
est stupide, elle pousse à la bêtise, à l’aveuglement et elle pousse à la globalisation…»
https://fb.watch/G0SY71guON/

La note de positionnement interne du 7 mars constitue une aggravation.

C’est une justification du communiqué et de l’interview d’Arié Alimi… Aucune autocritique !
Réaffirmation du bien-fondé de ces deux expressions publiques qui sont un fiasco politique. Interrogé par
la journaliste de BFMTV sur les éventuelles poursuites, AA en reste coi… silence avant de se reprendre.
Surpris par la question. Il n’avait pas pensé à cette éventualité. AA est pourtant avocat de renom. S’il
considère que des déclarations sont antisémites, et donc considérées comme un délit, son devoir est de
déposer une plainte devant le procureur de la république.
On connaît la suite. C’est pourquoi, je parle de fiasco politique assumé collectivement par la direction
nationale.

Dans une tentative de « séparer le bon grain de l’ivraie », les auteurs de cette « note de positionnement
interne » à la manière du parti socialiste… les militants insoumis sont vus comme « le bon grain » et
« JLM comme l’ivraie ». Et ce, au nom de la… « fraternité militante ». Pour qui nous prenez-vous, nous
militants insoumis ?

Je ne vois pas dans ce « communiqué interne » une once de « fraternité militante » , mais l’affirmation
plus forte d’accusations basées sur une surinterprétation et une réaction surjouée. Un procès à charge,
avec des éléments unilatéraux.

Je reprends la phrase « Dire que cette phrase est antisémite ne veut pas dire que LFI (qui, développe un
programme sur le sujet racisme antisémitisme discrimination assez solide) est antisémite » JL Mélenchon
partage la responsabilité de la rédaction de ce programme, de tout ce qui y est écrit … Vous qualifiez le
programme d’ « assez solide » alors que les bases de ce programme sont éminemment solides
politiquement et idéologiquement et qu’on est loin des incantations morales / slogans des sociaux libéraux et autres réactionnaires …

Au fait, serait-il antisémite de demander la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour entreprise de pédocriminalité et autres délits ? « Droits de l’homme sous-entendant « Droits de l’enfant ». La LDH pourrait-elle s’associer à la demande de commission parlementaire ?
Mais ce délire accusatoire ne vient pas de nulle part.

Je rappelle que Arié Alimi membre actif et visible de GOLEM (il en a parfaitement le droit) n’a jamais
accepté la non-participation de LFI à la manifestation du 12 novembre 2023 qui, plutôt qu’une
manifestation contre l’antisémitisme, s’est avérée être une instrumentalisation au profit du soutien à Israël
en voie de devenir l’État génocidaire, ouvrant accessoirement la voie à la dédiabolisation du FN/RN. Le
cadre politique de cette manifestation permettait à tous les racistes et faux amis des juifs d’y participer.
Dès lors, tout ce beau monde bénéficiait de la bienveillance du bloc central et de tous ceux qui se mettent
à la remorque de l’extrême centre, quant aux autres, ils eurent droit aux injures et au dénigrement. LFI,
comme d’autres organisations juives telles que l’Union Juive Française pour la Paix et Tsedek! ont eu
raison de ne pas prendre part à cette mascarade comme l’a montré la suite de l’Histoire.

GOLEM sioniste de gauche (oxymore !) ou « pro-palestinien modéré » fait planer la suspicion
d’antisémitisme et de caractérisation acquise d’antisémitisme de la gauche radicale et d’extrême
gauche antisioniste donc forcément suspecte de « nouvel antisémitisme ».
Ces accusations ne
reposent sur rien, sinon une caractérisation acquise en vogue au PS et chez son « bagage accompagné »
Place Publique jusqu’au FN/RN.

Si le cours de l’histoire devait basculer, les juifs de France auront vite fait de comprendre qu’ils seront
plus en sécurité avec toute cette partie de la gauche (radicale) et de l’extrême gauche qu’avec ceux qui
ne font pas de distinction entre fascisme et antifascisme, faisant ainsi chorus avec les pires réactionnaires
du pays en alimentant le confusionisme politique
Arié Alimi et Vincent Lemire se sont fendus d’une tribune dans le Monde du 20 juin 2024 sur l’
«antisémitisme de gauche ». Le binôme nous fait part de son appétence pour le PS/PP, ce qui est tout
à fait dans leur droit.
Mais on peut s’interroger dans quelle mesure ceci n’influence pas cela. La
tribune ne démontre rien et s’en tient à la caractérisation acquise.

Quelle honte quand on défend l’État de droit d’accuser sans preuve ! Rappelons que Macron dans son
discours prononcé lors d’un énième dîner communautaire/riste du CRIF du 20/02/19 dans lequel il
affirmait : “Qui ne voit pas que l’antisémitisme se cache de plus en plus sous le masque de l’antisionisme ?
L’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme.” Et il annonçait l’adoption de la
définition de l’IHRA.
Ce discours a influencé une partie de la gauche, celle traditionnellement sioniste. On en voit les effets
aujourd’hui y compris chez certains à la LDH. Les militants pro-palestiniens et antisionistes dont je suis,
sont présumés coupable d’antisémitisme.

Voir ma note de blog sur Médiapart.
https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-zemmour/blog/210624/lantisemitisme-de-gauche-instrumentaliseleur-maniere-par-le-duo-lemire-alimi
C’est ainsi que j’explique la précipitation déplorable à laquelle on a assisté de la part de la Direction. Le
PS a cru bon de s’engager dans cette voie « visqueuse ». La LDH ne doit pas l’imiter. [A propos de
« visqueux » cf infra Hors série Pascal Levoyer]

On saluera la réaction de la LDH qui, par son communiqué du 23 mars a dénoncé le déferlement de haine
raciste qui a frappé le nouveau maire LFI de Saint Denis, Bally Bagayoko. On regrettera quand même que
la direction de la LDH ne se soit pas précipitée sur le micro de BFMTV.
https://www.ldh-france.org/de-la-ville-des-rois-a-la-ville-des-noirs-itineraire-raciste-dune-fausse-information/

La leçon à retenir de cet épisode honteux est le racisme décomplexé envers certains groupes tels que
les magrébins, les noirs entre autres qui ne suscite absolument aucune réaction de la part de
membres du gouvernement dont la sinistre des discriminations Aurore Bergé. Ce qui permet de
s’interroger sur sa sincérité. Cela montre la nécessité de prendre très au sérieux la problématique
de l’instrumentalisation de l’antisémitisme et qu’il y a lieu de s’interroger sur la sincérité antiraciste
de celles et ceux qui manient cette instrumentalisation. La leçon à tirer pour les antiracistes est le
renoncement à toute hiérarchisation des racismes et de s’opposer à TOUS les racismes sans en
prioriser un en particulier.

Le 8 mars 2026, j’informe la présidente et le vice-président de la LDH du tweet posté par Ariel Goldmann,
vice-président du CRIF :

Capture-decran-2026-04-04-081540 Pourquoi j’ai décidé de démissionner de la LDH ?

Comment ne pas y voir des menaces d’ « attentats ciblés », auxquels nous a habitué le gouvernement
israélien fasciste ? Dans un État de droit, ces menaces fussent-elles prononcées par l’officine CRIF soutien
inconditionnel du gouvernement génocidaire israélien, sont inadmissibles. Aucun rappel à l’ordre de la
part de la LDH pourtant destinataire de mon tweet en réponse à celui de A. Goldmann. Surtout les
ligueur.ses, ne vous précipitez pas !

Un anti racisme non universel pour une LDH pourtant à vocation universaliste.

Lire ma réponse critique au texte « penser l’antisémitisme »
https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-zemmour/blog/290525/contribution-critique-au-texte-ldh-penserlantisemitisme
Le texte issu du GT « discriminations, racisme, antisémitisme » faisait apparaître une analyse de
l’antisémitisme et du racisme que j’estime datée ou gelée. En effet, depuis les attentats terroristes du 11
septembre 2001, les attentats ayant frappé la France en 2015, on a assisté en France à l’adoption du « choc des civilisations » de S. Huntington comme grille de lecture de la géopolitique. La conséquence évidente dans le paysage politique de notre pays est une aggravation de l’islamophobie et du racisme anti arabe voire leur institutionnalisation en racisme d’État : contrôles au faciès, racisme de la police, discriminations emploi/logement, discours politiques néocoloniaux, laïcité instrumentalisée (Printemps Républicain).

Parallèlement, on assiste au développement d’un philosémitisme d’État (dangereux parce qu’en
exceptionnalisant les juifs, il les expose), et je ne minimise pas l’antisémitisme réel, ni ne suggère une
concurrence victimaire selon la réponse qui m’a été faite, alors que je ne faisais qu’évoquer une situation
objective, qui elle seule en est à l’origine.

Les uns bénéficient d’une bienveillance acquise de la part des pouvoirs publics et de la classe politique
souvent à des fins d’instrumentalisation. Les autres sont en proie aux préjugés racistes alimentés par un
personnel politique qui couvre un spectre large qui va de l’extrême centre, de la droite, voire même d’un
certaine gauche biberonnée aux thèses islamophobes sous couvert de « défense de la laïcité telle que
distillée par le printemps républicain ». C’est bien le pouvoir qui organise cette mise en concurrence
dangereuse parce qu’elle alimente le racisme.

Je décèle aussi bien dans ce texte que dans l’expression publique de la LDH un déséquilibre. En
dépit de l’affirmation par la LDH selon laquelle le racisme est INDIVISIBLE (conception universaliste),
il n’y a pas d’équilibre dans le traitement de ces deux fléaux. Je pense que cette perception est bien
partagée au sein de la LDH.

L’influence de GOLEM y est-elle étrangère ? Au fait, pourquoi n’avoir pas fait appel à l’UJFP ou à
Tsedek! pour la formation sur l’antisémitisme ? Ces deux associations universalistes disposent de
formateurs solides.
Le GT « discriminations, racisme, antisémitisme » serait-il verrouillé pour être autant fermé à toute
évolution de l’analyse du racisme et à sa mise à jour ?
Refus de considérer l’importance (ou sous-estimation) du rôle de l’instrumentalisation de
l’antisémitisme (autre marque de l’influence de GOLEM)

Extraits de ma note « contribution critique au texte « penser l’antisémitisme »

« L’instrumentalisation de l’antisémitisme comme instrument de domination d’une classe sur l’autre.
Cette instrumentalisation participe du processus de fascisation… L’instrumentalisation de
l’antisémitisme à l’encontre de la gauche « radicale » par l’ensemble du bloc bourgeois et de ses
alliés de la fraction la plus droitière de la gauche est une pratique diffamatoire généralisée pour
disqualifier et discréditer cette gauche qui remet en cause les intérêts de la classe qui a intérêt à ce
que rien ne change dans les rapports sociaux et les rapports de domination…

L’instrumentalisation de l’antisémitisme est utilisée à l’encontre de la gauche radicale pour la
discréditer et l’affaiblir : elle est la seule à s’opposer aux quatre consensus
1) consensus néolibéral
2) Consensus islamophobe
3) Consensus « impérial » i.e soutien au génocide des palestiniens
4) Consensus sur le tournant autoritaire (fascisation) selon l’analyse du sociologue Ugo Palheta.

Cette instrumentalisation de l’antisémitisme est permanente, elle est manipulatoire. Elle joue
avec les juifs, les prend à témoin pour servir des intérêts politiciens.
Interrogez-vous sur un
personnage comme Aurore Bergé. Son racisme, son islamophobie justifie son soutien à Israël. Son
philosémitisme n’est que le revers de son islamophobie. Je la considère comme une authentique
antisémite. Je n’ai d’ailleurs pas manqué de le lui faire savoir.
La même, reprend ce vocabulaire « parti anti-France » emprunté à Maurras, théoricien de l’antisémitisme d’État. D’ailleurs, je note au passage que la LDH ne se soit pas « précipitée » pour condamner le propos historiquement antisémite. Cela n’a fait sauf erreur de ma part que l’objet d’une note de bas de page (n°1) du texte du 27/02/26 « tribune de Nathalie Tehio « lutter contre la fascisation des esprits » publiée sur Médiapart. Car, ami.es ligueur.ses, il y a des précipitations qui sont bonnes…

Le communiqué du 15 janvier 2026 : une sous-estimation de la responsabilité de Macron dans
l’aggravation du processus de fascisation

Ma critique de ce communiqué : le processus de fascisation en cours.
https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-zemmour/blog/080226/processus-de-fascisation-en-cours

Quelques extraits de ma critique :

… « L’idée directrice de ton texte est contenue dans cette phrase « il est nécessaire de distinguer la
montée de l’illibéralisme de l’installation d’un autoritarisme brutal ». Ce terme aux contours flous
masque la tendance autoritaire de l’État capitaliste et donc l’intensité des atteintes à la démocratie, aux
libertés, et la mise en place de moyens répressifs aussi bien législatifs que policiers.
Opérer une distinction artificielle entre « illibéralisme » et « l’installation d’un autoritarisme brutal »
masque le continuum qui s’est manifesté et amplifié depuis l’élection d’Emmanuel Macron jusqu’à la
poussée dangereuse du FN/RN aujourd’hui… »
… « Je crains [mais ce n’est pas ton intention] que l’atténuation de la responsabilité de la Macronie
dans ce continuum d’autoritarisme qui peut mener au pire (que je nomme processus de fascisation)
donne à penser qu’une alliance soit possible avec ce bloc politique et/ou qu’elle constitue un moindre
mal. Ceux qui s’y attèlent, placent les forces progressistes dans une impasse. »

J’ai tendance à voir dans cette atténuation de la responsabilité de la Macronie dans le processus de
fascisation que la LDH refuse de nommer une influence social-démocrate, contradictoire d’ailleurs avec l’évocation de cet épisode historique que cite Nathalie Tehio « le centre droit représenté par
Hindenburg a transféré le pouvoir aux nazis », mais disais-je, il faut aller jusqu’au bout de cet exemple :
aujourd’hui l’extrême-centre s’apprête à passer le témoin au FN/RN dans le but de permettre à
l’oligarchie de reconquérir l’hégémonie.

J’ajoute parmi les facteurs de fascisation, et n’en déplaise à certain.es, les officines sionistes relais dans
notre pays, de la politique génocidaire et expansionniste du fasciste Netanyahu et de sa clique, qui
poussent à la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine, à restreindre la liberté
d’expression et aux libertés académiques… La loi Yadan est une expression de ces facteurs de
fascisation et non la moindre.

Tribune : la fascisation des esprits

Dans un communiqué suivant, Nathalie reprend le terme de « fascisation » mais dans le sens
d’ « extrême droitisation des esprits ».. Ce n’est pas du tout la même chose que processus de fascisation,
phénomène global où l’État de droit est mis à mal, militarisation de la police, atteintes aux libertés de
manifestation, d’expression, libertés académiques, répression, lois d’exception, racisme
institutionnalisé etc…
Je reprends un extrait du texte paru dans le blog Médiapart de Nathalie :

« La lutte contre les extrêmes droites, mais pas par n’importe quels moyens : là est l’impasse politique
de certains jeunes tentés par la violence politique, qui abîme la démocratie, car celle-ci est un régime
organisant la conflictualité et le dissensus par des voies pacifiques.
Le combat antifasciste, dans son histoire et dans les faits aujourd’hui, est d’essence non-violente. Il ne
saurait être criminalisé alors qu’il est indispensable pour contenir l’influence des idées de l’extrême
droite et sa capacité croissante à intimider, non sans lien avec l’apathie et désormais souvent la
complaisance des milieux politiques et médiatiques ».

Cela me semble être une conception très angélique du combat antifasciste… « d’essence non
violente ».
Certes au fascisme, il faut opposer le nombre. Mais l’opposition au fascisme suppose aussi le recours
à l’autodéfense pour protéger des permanences, des réunions, des personnes… pour se préparer au pire.
Si l’on prend l’histoire de la résistance aux ligues fascistes dans les années 30, en France le PCF avait ses
groupes d’autodéfense : les « brigades de rue » ; idem pour la SFIO avec ses TPPS (toujours prêts pour
servir) sous la direction de Marceau Pivert. Les ligues factieuses, les « camelots du roy » usaient de la
violence offensive. Les groupes d’autodéfense ouvrière réagissaient en conséquence.

Je ne sais pas comment le Congrès traitera l’accusation grave portée contre Jean-Luc Mélenchon,
accusation dont tout démontre qu’elle n’est pas prouvée et qu’elle ne peut être prouvée, sauf à
surinterpréter ses propos. Il me semble que la LDH se grandirait à reconnaître son erreur, mais
considérant la tournure prise par cette affaire avec notamment, la publication aggravante pour elle,
de la note interne et de son annexe qui constitue un montage à charge, je doute qu’elle en soit capable. Le congrès, je l’espère se prononcera sur ce fiasco politique. J’espère aussi que le prochain congrès procèdera à une réévaluation de l’analyse du racisme en France et exigera l’application effective du principe d’indivisibilité du racisme.

Au lendemain du second tour des Municipales, Pascal Levoyer revient sur les résultats des scrutins en
observant ce qu’il faut bien appeler la viscosité du PS, qui vire à la poisse d’un appareil qui n’est
plus animé que du désir de sa survie institutionnelle.
https://www.hors-serie.net/municipales-2026-lelan-et-la-poisse/
https://lecourrier.ch/2026/03/11/de-jaures-a-melenchon-la-fabrique-de-lennemi-public/

Annexe : comment les médias ont détourné l’attention du véritable sujet de l’affaire

Voici des phrases ou formulations de médias français qui montrent que la presse française, après la
publication des dossiers Epstein, a très vite mis l’accent sur la « piste russe », la Russie de Poutine, les «
liens avec Moscou » ou la « campagne de désinformation russe », au point de faire dériver le débat vers
une histoire de « coup de Moscou » plutôt que de pédocriminalité et de complicités locales.
C’était cette russification de l’affaire Epstein que visait Mélenchon parlait, au fond, de « la médiatisation
de l’affaire, pas de Jeffrey Epstein comme « juif ».

Le Monde, 10 février 2026 :

« Affaire Epstein : le volet russe lève le voile sur les liens étroits du criminel sexuel avec des proches de
l’entourage de Vladimir Poutine, à Moscou, et avec des réseaux prorusses en Europe. »
Ici, Epstein devient surtout un « intermédiaire de l’influence russe* », et pas un pédocriminel.

Le Figaro, 5 février 2026 :

« La justice américaine publie… des millions de documents… qui font apparaître des noms français. À
l’image de François‑Xavier Bellamy, des voix s’élèvent pour réclamer l’ouverture d’une enquête… alors
que se profile un autre débat, sur la piste de Moscou. »

Le texte attire l’attention sur la « piste de Moscou », comme fil d’actualité parallèle, presque prioritaire.
Libération (Unes usurpées, citées dans plusieurs médias, dont Euronews)

Une « fausse Une » de Libération circule en ligne, avec le titre : « Que faisait Emmanuel Macron 18 fois sur l’île d’Epstein alors qu’il était ministre de l’Économie ? »
Elle noue directement Macron – île d’Epstein – piste russe dans la narration, même si l’info est démentie,
la réécriture médiatique s’imprègne de ce schème.

TF1 Info, 5 février 2026 :

« Une nouvelle campagne de désinformation vise la France. L’objectif est d’impliquer à tort Emmanuel
Macron dans l’affaire Epstein. L’occasion était trop belle pour que les acteurs de la propagande russe
passent à côté. »

La logique est claire : la « vraie » histoire, médiatisée comme politique, est : Epstein = affaire russe,
**Russie = Macron = scandale.

Factuel (AFP), 17 février 2026 :

« Affaire Epstein : comment la désinformation prorusse surfe sur les révélations de Washington pour
cibler la France et son président. »

→ Le titre même dit que la piste d’Epstein est *instrumentalisée en « piste russe »* pour viser l’État
français.

Sud Radio, 8 février 2026 (émission « Gros Plan ») :

« Certains accusent les médias français de négliger le traitement médiatique de ce scandale, au profit
d’angles plus « acceptables » : les flux financiers, les montages fiscaux, les relations d’influence… ou les
réseaux russes. »

→ On admet que la pédocriminalité passe au second plan au profit de l’argent et de la Russie.

Marianne / Ojim, 2026 (articles de synthèse) :

« Liens entre Epstein et la Russie : Jeffrey Epstein était peut‑être dans l’orbite russe dès les années 1990. »

Ces titres vendent une version où l’affaire n’est plus seulement une histoire de proxénète, mais de « réseau d’influence de type renseignement‑oligarques russes ».

Médias audiovisuels / émissions de décryptage
« C dans l’air », France 5, émission « Epstein : la Russie veut faire tomber Macron »:
Le titre de l’émission, diffusé sur YouTube en 2026, résume la grille :
« La Russie veut faire tomber Macron – Affaire Epstein. »
L’affaire Epstein est complètement rattachée à une « logique de campagne russo‑politique » contre la
France.

Urbania FR, 2024‑2026 :

    « Les médias français étaient restés assez discrets sur le procès de Ghislaine Maxwell, mais la nouvelle
    phase de l’affaire, avec la piste de Moscou, a relancé l’intérêt, en déplaçant le débat vers la politique
    internationale plutôt que la pédocriminalité. »

    Sources :
    Affaire Epstein : Emmanuel Macron ciblé par une opération … https://fr.euronews.com/myeurope/2026/02/06/affaire-epstein-emmanuel-macron-cible-par-une-operation-de-desinformation-russe
    L’affaire Epstein est-il traitée à sa juste valeur en France – Sud Radio https://www.sudradio.fr/sudradio/laffaire-epstein-est-il-traitee-a-sa-juste-valeur-en-france
    Epstein : la Russie veut faire tomber Macron – C dans l’air
    https://www.youtube.com/watch?v=44rkz_g5mZg
    Affaire Epstein : comment la désinformation prorusse surfe …
    https://factuel.afp.com/doc.afp.com.972M7CU
    Affaire Epstein et procès Ghislaine Maxwell – URBANIA FR
    https://urbania.fr/article/affaire-epsteinet-proces-ghislaine-maxwell-pourquoi-un-tel-desinteret-des-medias
    TF1 info- VÉRIF’ – Qui veut lier Macron à Epstein ? Plongée dans une nouvelle campagne de désinformation russe

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